Après débat, le pouvoir salutaire du cinéma, par Yann Le Pennec

Le film Les règles du jeu n’aura, sans doute, pas attiré grand monde, mais presque autant que certaines soirées du festival. Concurrence de Jazz sous les pommiers et d’ une réunion sur l’Hôpital? Toujours est-il que le débat fut intense et si les membres présents du CA prirent la parole, ils le firent brièvement et plutôt sous forme d’interrogations.

An cours du débat, nombre d’interventions furent centrées sur le comportement de ces jeunes, plus ou moins rejetés du scolaire et n’ayant, de ce fait, guère réussi à exercer l’usage d’une pensée autonome. La dimension rebelle de leurs réactions ne fut pas toujours prise en considération, confrontés qu’ils étaient à un jeu dont ils ne connaissaient pas les règles mais dont ils percevaient au fond les ambiguïtés et les pièges. Dans leurs rapports avec des conseillers qui tentaient de prendre humainement en considération leurs personnes sans toutefois s’engager dans une prise en charge sociale de leurs difficultés, la résistance plus ou moins explicite qu’ils montraient quand on leur demandait de savoir se vendre, de se faire, en quelque sorte, « les commerciaux d’eux-mêmes » donnait à ce film sa dimension critique et tragique.  » Are you job ready? »

Le rôle de l’animateur du débat fut donc de tenter de faire valoir cette dimension que Claudine Boriès et de Patrice Chagnard ont voulu exposer dans un film serrant la réalité au plus près pour permettre au spectateur d’accéder au réel, c’est-à-dire au sens que la nov-langue managériale tente de masquer derrière le terme d’employablilité. Le débat aura révélé combien la population est en grande part dominée par l’idéologie du marché et de sa loi qui imposerait à tout jeune, ou moins jeune, en recherche d’emploi de se montrer prêt à travailler à n’importe quelles conditions. Lola qui voudrait bien travailler pour 400 euros ou moins, dans un monde où un emploi est plus difficile à trouver qu’une pépite d’or, et de 6 heures du matin jusqu’à 11H30 pour pouvoir prendre le dernier métro,

Vincent Lindon, acteur principal de La loi du marché, dit qu’il croit au pouvoir salutaire du cinéma. Le débat doit, donc, déployer ce pouvoir après que la projection nous ait déjà humanisé en nous rendant sensible à l’humanité du gangster, du prisonnier, du vagabond, de la prostituée, des jeunes « en marge » parce que nous voyons qui ils sont, en deçà des clichés qui les enferment dans un statut et une image sociale, Nous voyons les être humains, dans leur complexité, sous les diverses facettes qui composent leur personnage. Les gros plans de leur visage appellent irrésistiblement quelque sympathie. Le cinéma nous ouvre au fait que le criminel n’est pas qu’un criminel tout en étant criminel, les jeunes qui ne connaissent pas les règles pas seulement des glandeur(se)s, là, est, en effet, son pouvoir salutaire…

Yann Le Pennec

106 élèves lassés de la guerre au cinéma, par Yann Le Jossic

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samedi 4 avril 2015, par Yann Le Jossic.

Dans la magnifique salle polyvalente du lycée De La Morandière, 4 classes (2e 5, 2e 6,TES1, 2e bac pro bateau) ont pu voir le documentaire « De guerre, lasses » L 16 / 3 .Ce manifeste de trois jeunes femmes bosniaques les a interpellés car c’est un cri de la vie contre la guerre, loin des images héroïques véhiculées par les films de guerre et les jeux vidéos. Dans un pays tout juste sorti d’un conflit meurtrier, L. Bécue- Renard a filmé en toute discrétion le long temps de leur travail thérapeutique de deuil et de reconstruction personnelle. Il a su ensuite expliqué sa démarche et répondre aux nombreuses questions des élèves : une grande leçon d’Histoire et de cinéma à intégrer dans l’école de la vie 

De guerre lasses comme le manifeste de trois jeunes femmes, un cri de la vie contre la guerre. Dans un pays tout juste sorti d’un conflit meurtrier, une fois rangées les caméras du spectacle médiatique, ces femmes vivent, pleurent, chantent, dansent et rient, le temps d’un travail thérapeutique. Elles tentent, à travers une parole simple et intime, de faire le choix de la vie et de retrouver un sens à une existence happée par la guerre. 

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Laurent Bécue Renard, le réalisateur de  De guerre lasses et de Of men and war

Mustang, de Deniz Gamze Ergüven, le 5 octobre 2015 à 20h15

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Pour sa rentrée,Ciné-Débat Granville vous invite à la projection du film de Deniz Gamze Erguven, Mustang, lundi 5 octobre à 20h15, au cinéma le Select, Granville.

Thème du débat : La Turquie entre traditions et modernité

Date de sortie 17 juin 2015 (1h37min)
Réalisé par Deniz Gamze Ergüven
Avec Güneş Nezihe Şensoy, Doğa Zeynep Doğuşlu, Elit İşcan plus
Genre Drame
Nationalité Turc , français , allemand

Synopsis

C’est le début de l’été.
Dans un village reculé de Turquie, Lale et ses quatre sœurs rentrent de l’école en jouant avec des garçons et déclenchent un scandale aux conséquences inattendues.
La maison familiale se transforme progressivement en prison, les cours de pratiques ménagères remplacent l’école et les mariages commencent à s’arranger.
Les cinq sœurs, animées par un même désir de liberté, détournent les limites qui leur sont imposées.

Bande annonce