Introduction de Yann LE PENNEC à la conférence du Professeur Bernard SABLONNIERE sur « la chimie des sentiments ».

Que reste t-il pour l’amour avec un grand A entre ses amours avec un petit s après quatre débats et avant projection des Invisibles, le remarquable documentaire de Sébastien Lifschitz ?

Que reste-t-il pour l’Amour vu à travers la diversité des « nouveaux agencements du lien amoureux », de sa moderne « liquidité », c’est à dire d’un amour libéré des institutions qui enserraient (solidifiaient ?) les destins individuels, il n’y a pas si longtemps encore. Qu’en reste-t-il en effet depuis que la libération des mœurs, la séparation de la sexualité de la procréation, principalement, a ouvert l’espace au désir qui ne se soucie guère des normes et des conventions pas plus que des rôles et des fonctions ordonnées par la société : « le démon pose ses lèvres sur un morceau de bois »

Nos débats ont été enrichis par interventions de psychiatre, psychanalystes, sociologues , historien du cinéma, théologien, réalisateurs et représentants d’association gérant cette moderne « liquidité » et au point où nous en sommes, avant de voir et d’entendre des couples homosexuels d’un certain âge parler de leurs amours avec une si joyeuse sérénité,  sommes plus éclairés, plus assurés pour sortir du labyrinthe de malentendus qu’ouvre la merveilleuse illusion de l’amour qui nous ouvre à des instants de grâce et de poésie …et à quelques emmerdes.

Faudrait-il retenir, comme pour confirmer la phrase de Lacan (beaucoup plus complexe que prise dans son sens littéral) « L’amour c’est donner ce qu’on a pas à quelqu’un qui n’en veut pas » faudrait-il, donc, retenir de nos débats, le dialogue apparemment désenchanté, comme l’est le monde moderne, le dialogue de Mark, le paraplégique, avec son assistante sexuelle tombée en amour : « Que se passe t-il, dit-il, quand des gens s’attachent l’un à l’autre ? Quelle est la part d’alchimie quand ils s’attirent. Ils écrivent des poèmes dit-elle, ils couchent ensemble. Et que se passe t-il après la poésie après le sexe, dit-il. Tout ou rien. Le reste est affaire de négociations, dit-elle. On peut s’en tenir à l’amour et à l’attirance. On peut aussi tout compliquer. Ce que font la plupart des gens ».

Voilà levée la question de l’alchimie de l’amour et monsieur Sablonnière, en la désoccultant quelque peu, sans doute, pourra peut-être éclairer cette réflexion énigmatique de la romancière Fred Vargas : « Parce qu’en amour on ne fait pas ce qu’on veut, mais alors qui fait, à notre place, ce qu’on ne veut pas »

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