Le programme du festival « Toutes Toiles Dehors » 2017, « Mer et cinéma »

               

Notre prochain festival « Toutes Toiles Dehors » se déroulera du 3 au 9 avril sur le thème « Mer et cinéma »

Pour nous qui vivons sur littoral, la mer est notre histoire, notre présent, notre avenir. Mais au-delà de notre région, elle l’est aussi pour l’humanité entière puisqu’elle la source de notre nourriture, le terrain de nos voyages, de nos vacances, d’exploits sportifs. Elle est une composante majeure de l’économie mondiale, un vecteur de migration.

Et bien sûr, elle est belle et vivante, muse des écrivains et des poètes…

Nous  aborderons ce thème à travers sept films dont cinq suivis de débats. Notre festival s’enrichira aussi d’un concert de chants marins, d’un buffet au lycée hôtelier, d’un concours de courts métrages créés par des jeunes.

Bon festival et merci à nos adhérents pour leur fidélité.

Les films/les débats

Lundi 3 avril, 20h30 TABARLY

Documentaire France 2008

Le parcours hors normes du grand marin français. A partir de magnifiques images d’archives, le film fait revivre les courses au large , les arrivées discrètes ou triomphales, en solitaire ou en équipage,au long des 35 années des Pen Duick sur toutes les routes du monde.

Débat: Se trouver sur l’océan

Intervenants: Edouart Launet, journaliste et écrivain et Benoît Charon, navigateur

Mardi 4 avril, 20h30, LA PIROGUE

Fiction franco-sénégalaise de Moussa Touré, 2012

Des hommes et une femme quittent le Sénégal à bord dune grande pirogue pour rejoindre » l’Eldorado » européen via les Canaries. Ils doivent affronter la solitude de la mer, la faim, la soif, une violente tempête et une panne de moteur qui les laissent perdus au milieu de l’immense liquide.

Débat: Partir,

Intervenants: Jean Dusssine, Claudine Rault-Verprey, responsables de Itinérance.

Jeudi 6 avril, 20h30, OCEANS, LA VOIX DES INVISIBLES

Documentaire de Mathilde Jounot, France 2015

La mer, les pêcheurs, l’environnement…et la finance. Une nouvelle lecture des intérêts en jeu autour de la pêche et de la conservation des espèces maritimes. Un film sur l’état des mers qui choisit de donner la parole aux hommes et aux femmes qui y travaillent.

Débat: Partager ou privatiser la mer

Intervenante: Mathilde Jounot, réalisatrice

Vendredi 7 avril, 20h30 LES VACANCES DE MONSIEUR HULOT

Fiction de Jacques Tati, 1953

Monsieur Hulot, pipe en l’air et silhouette en éventail, prend la vie comme elle vient…

Débat: C’est les vacances, avec Jacques Faujour, photographe.

Samedi 8 avril, 15h, médiathèque Charles de la Morandière

Film britanique sur le mode de vie des pêcheurs dune île au large de l’Irlande, dans la première moitié du XXème siècle.

Projection gratuite.

Samedi 8 avril, 20h30, THE END OF THE LINE

Documentaire de Ruppert Murray. Angleterre, 2012

Débat: La mer, notre avenir

Intervenants:  Laurence Hégron-Macé, biologiste du SMEL( Synergie Mer Et Littoral), Jean Yves Chaisemartin, maire de Paimpol,  fondateur d’une entreprise de culture d’algues à Lézardrieux

Dimanche 9 avril, 15h,  STILL THE WATER

Film de Naomi Kawase, Japon 2014

Les évènements

Jeudi 30 mars, 19h15, BUFFET DE LA MER, Lycée hôtelier Maurice Marland, réservations 0233913893

Vendredi 31 mars,

19h pot d’ouverture, salle du Herel

20h30concert de Stang Hugg, Folk marin, salle du Herel, entrée 8€

Concours de courts- métrage, les prix seront décernés au cours du festival.

Prix des entrées: 5,50€ pour les adhérents CDG.

Cinéma Le Select, 7 Boulevard d’Hauteserve, 50400 Granville

Téléphone : 02 33 50 00 27

Exotica, Erotica, Etc, d’Evangelia Kranioti le 17 mars 2017 à 20h30

En prologue au festival Toutes Toiles Dehors 2017, ciné-Débat Présente

Exotica Erotica

Date de sortie 24 août 2016 (1h 13min)
De Evangelia Kranioti
Avec acteurs inconnus
Genre Documentaire
Nationalité Français
Synopsis
L’océan et les ports, lieux de désir.
Là où se croisent cargos, container géants, hommes qui voyagent et femmes qui espèrent. Sandy, ancienne prostituée chilienne tisse avec ferveur et poésie le récit de ses amours passées. A l’ autre bout du monde , Yorgos, ancien capitaine grec , lui fait écho en méditant sur la vie des marins faite de départs. Par mémoires interposées les deux s’engagent dans undialogue au-delà des frontières géographiques et temporelles.Embarquée à bord des navires de la marine marchande grecque, l’ artiste Evangelia Kranioti a parcouru la Méditerranée jusqu’à la Mer Noire , voyagé de l’ Atlantique au Pacifique , du Pôlenord au détroit de Magellan . Exotica, Erotica, Etc. réalisé lors de douze traversées et dans vingt pays est une déclaration d’amour à ces femmes et hommes oubliés, dont les trajectoires marginales et la solitude sont paradoxalement essentielles à l’existence même de nos sociétés.

JEUDI 16 MARS 2017 20h30

Cinéma Le Sélect, Granville

Tarif adhérents Ciné Débat Granville = 5,50 €

La bienveillance en question, par Yann Le Pennec

 

 

«    C’est d’apprendre qui est sacré..    »

En proposant pour thème « La bienveillance : une nouvelle pédagogie  » au débat suivant la projection de « C’est d’apprendre qui est sacré », vous souhaitions  interroger la nouveauté de la bienveillance que les travaux et propositions de Céline Alvarez ont récemment imposé dans le débat pédagogique depuis la parution de son ouvrage « Les lois naturelles de l’enfant ». Le documentaire de Delphine Pinson, jeune institutrice promenant sa caméra à hauteur des enfants de CM1CM2 d’une classe Freinet n’aura sans doute pas permis de porter loin le débat, tant sur la réalité de la nouveauté de la bienveillance que sur le caractère « naturel » des lois de l’enfance. Le cinématographe filmant exceptionnellement et au plus près la pratique pédagogique héritée de Célestin de Freinet a le grand mérite de mettre en évidence la profonde pertinence de la pensée de Fénelon selon laquelle « la curiosité est un penchant naturel qui va comme au-devant de l’instruction ». Penchant naturel que contribueraient seulement à confirmer les découvertes des neurosciences affirmant que l’être humain serait équipé d’un « câblages neuronal » le disposant à partir de sa curiosité naturelle à la recherche, à l’expérimentation dans le domaine de la connaissance cognitive mais aussi à l’empathie, au sens de l’équité comme   Rousseau en avait eu l’intuition.

Le documentaire est venu démontrer que ces dispositions «   naturelles » ne valent que par l’environnement créé culturellement par l’adulte. Ici se situe la question des choix pédagogiques, des méthodes, selon la représentation que la société, les pédagogues, les éducateurs se font de l’enfant et de la relation qu’ils établissent, alors, avec lui. Freinet, instituteur se présentant en tant qu’éducateur prolétarien, avait compris que les enfants arrivant à l’école ne disposaient pas tous, du fait de leur environnement familial, du même capital culturel. Dès lors, la posture bienveillante du maitre de la pédagogie Freinet apparaît relever principalement des méthodes permettant à l’enfant d’être actif, ouvert sur la vie, d’apprendre la coopération (et la bienveillance ?). Ces méthodes (et non ces techniques) mettent fondamentalement en question une école traditionnelle dont le cadre matériel, la posture du maitre, la maitrise du corps de l’enfant (héritage des écoles des Frères de l’école chrétienne) contribuent à négliger la diversité culturelle des élèves et d’interdire l’individualisation de l’enseignement en laissant progresser l’enfant à son propre rythme.  Cultivant la concurrence, la compétition, l’institution scolaire ne pouvait, malgré l’engagement et la disponibilité des instituteurs/ices républicain-e-s, que creuser les inégalités « naturelles » quand bien même la méritocratie républicaine a contribué, en effet, à propulser les plus doués parmi les enfants des classes populaires moindrement dotées de capital culturel que ceux des classes moyennes cultivées et les classes supérieures. On conçoit aisément que la pédagogie Freinet ait été délibérément circonscrite et tenue en marge quand son initiateur historique déclarait que « Nous rendons les enfants bêtes parce que nous réprimons brutalement toutes les tentatives d’émancipation…nous dressons les enfants à subir et à accepter, à désirer selon la loi du troupeau et de la servitude » (Les Dits de Mathieu ; 1949).