Spotlight, par Yann Le Pennec

Que dire de Spotlight du point de vue cinématographique sinon que ce quasi-documentaire est un film implacable sur la loi du silence qui règne dans toutes les institutions quand, non l’un, mais un grand nombre de ses membres, commettent des actes qui mettent en cause l’honorabilité en même temps que la vocation de l’institution ? Un film qui montre à travers l’investigation, la mission du journaliste, qui en tant qu’écrivait, pour suivre Camus doit répondre à deux engagements : le refus de mentir sur ce qu’on sait et la résistance à l’oppression pour servir la liberté et la vérité.

Outre ces démonstrations magistrales, un intérêt particulier de ce film tient à l’exposé du langage de l’institution-pieuvre toujours à l’affût d’étouffer de ses tentacules-baillons la plainte des enfants et, quand elle n’y parvient, à transfigurer la violence des faits pour la convertir en mots ampoulés d’onction sacerdotale et apostolique. Ainsi parle le président du conseil permanent de la conférence des évêques de France de « la profondeur de la blessure subie » et « d’actes ponctuels inacceptables » quand les membres de l’église habitaient la gorge et l’anus des petits agneaux de Dieu pour les protéger, sans doute, du mal …Que dire de plus, sinon jeter à la face de ces pasteurs la dénonciation de ces scandales dans  l’évangile de Saint Mathieu » Et celui qui reçoit en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il reçoit. Mais celui qui scandalisera un de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui suspende une meule à âne autour de cou et qu’on le précipite au fond de la mer.

Malheur au monde à cause des scandales ! C’est une nécessité qu’il arrive des scandales ; mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive ! »

Comme quoi les affaires qui éclatent ne sont pas des « dérives » contemporaines de Jean-foutre dont la soutane ne parvient pas à contenir les pulsions sexuelles « contre-nature » mais que l’église cherche encore à préserver de la justice des hommes.

Yann Le Pennec

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The revenant : expérience cinématographique extrême

Il ne faudrait pas réduire ce film à une énième histoire de survie glorifiant un héroïsme, jamais aussi grand qu’au cinéma.

Plus qu’une lutte entre un homme, forcément fragile et une nature, forcément hostile, on suit un affrontement entre frères humains, à l’issue forcément fatale.

Ici la nature est glorifiée par la beauté des images, le cadrage majestueux, toujours adapté à la narration ; elle est aussi nourricière, refuge et thérapeutique.

En plusieurs occasions, même si l’affrontement avec Mère nature peut être violent, celle-ci offrira à Hugh Glass/Di Caprio la planche de survie qui lui fera poursuivre cette existence qui ne tient plus qu’à un souffle.

Le fleuve qui favorisera sa fuite, l’arbre qui amortira sa chute, les plantes qui cicatriseront ses plaies ; jusqu’à l’ourse qui le laisse pour mort dont il se réchauffera de la fourrure…

La scène incroyable où l’homme nu renait de la carcasse d’un cheval marque le retour d’une humanité dans ce récit sauvage.

Car ici tout est sauvage…

Les indiens ayant déjà tout perdu capables d’atrocités ; les prédateurs blancs, ces «pionniers » pré-capitalistes qui taillent l’indien en pièces et réduisent les terres conquises à un terrain de chasse au trésor où le pillage est loi…

Les relations entre les êtres sont âpres et primaires quand la survie est engagée…

Mais tout est tellement humain.

Si la figure du héros est attachante par sa capacité, sa volonté de survie et sa spiritualité la figure du « méchant » n’est pas moins passionnante. Ce Fitzgerald, à qui l’on souhaite un châtiment à la hauteur de sa trahison n’est il pas la face obscure de l’Homme ? Quand le héros est poussé à la survie par l’amour et le souvenir, lui cherche à sauver sa peau par un individualisme cynique. Mais ce cynisme ne serait-il pas qu’un réalisme pragmatique face à une situation désespérée ? Les explications qu’il donne à ses choix sont cohérentes et même de « bon sens »… Après-tout il avait bien passé un marché (on y revient !) avec Glass et il ne fait que le respecter.

Cette dramaturgie classique qui oppose deux archétypes humains est ici poussée à l’extrême dans un film inoubliable.

L’un des mérites du film tient aussi en ce questionnement implicite : qu’est ce que l’homme laissera de cette planète somptueuse après avoir assouvi ses instincts les plus vils ? Déjà, pour reconstituer l’ambiance du Dakota, aujourd’hui « civilisé », le tournage a du être délocalisé au Canada et en Argentine sur des terres encore inviolées. En glorifiant ces merveilleux paysages, ce que nous rappelle Innaritu, par un effet d’image inversée, c’est la culpabilité de l’espèce humaine dans l’auto-destruction à l’œuvre depuis deux siècles !

Alors, n’hésitez plus : THE REVENANT, revenez-y !

Yves Berthault

07/03/2016

THE LOBSTER « Film de tarés » ou « tragédie grecque » ? par Yves Bertault

The-Lobster

Après le débat du 15 février…
Retour sur
THE LOBSTER
« Film de tarés » ou « tragédie grecque?

Le moins que l’on puisse dire c’est que le débat a été vif à l’issue de la projection du film THE LOBSTER de Yorgos Lanthimos,

lundi 15 février dernier !

Si le public qui remplissait la salle a su rester jusqu’au terme de ce film, ce fut pour certains au prix d’un effort…certain.
Images fortes aux limites du soutenable, personnages perturbés et perturbants, scénario imprévisible qui annonce plusieurs conclusions ouvertes…le tout sous l’œil d’une caméra virtuose.

Ce film polémique, mais récompensé à Cannes en 2015, ce film détestable et magnifique allait aussi enflammer les passions à Granville…
Dans un échange très participatif et passionné d’après film, sur le thème générique du couple, allaient se confronter des expressions diverses, contradictoires, mais aussi complémentaires.

Pari vain et perdu d’avance pour l’artiste qui se confronte à « ce sujet intraitable de l’amour », voire « film qui ne dit rien, un film de taré », autant dire que ça partait fort…
D’autres pointaient « l’universalité de la tragédie de ce réalisateur grec : l’amour, la trahison et la mort. »
« Film métaphorique sans histoire réelle avec des tableaux qui manquent de liens » ou  » scénariste désespéré qui souligne une organisation sociale coercitive qui enferme l’individu dans un choix binaire totalitaire entre le couple ou le refus du couple  » ?

Y-a-t-il moyen d’échapper à la « dictature du couple comme modèle de vie conforme » et comment préserver son libre arbitre sans tricher ? Le débat est resté ouvert et n’a pas tranché ces questions.
Débat qui vivra aussi longtemps que ce homard à la longévité si enviée par David, le personnage central du film …

Fidelio, l’odyssée d’Alice

SYNOPSIS

Premier long-métrage de la réalisatrice Lucie Borleteau, Fidelio nous invite à suivre les dérades sentimentales du personnage d’Alice. 

Alice, 30 ans, est marin. Elle laisse Félix, son homme, sur la terre ferme, et embarque comme mécanicienne sur un vieux cargo, le Fidelio. A bord, elle apprend qu’elle est là pour remplacer un homme qui vient de mourir et découvre que Gaël, son premier grand amour, commande le navire.
Dans sa cabine, Alice trouve un carnet ayant appartenu à son prédécesseur. La lecture de ses notes, entre problèmes mécaniques, conquêtes sexuelles et mélancolie amoureuse, résonne curieusement avec sa traversée.
Au gré des escales, au milieu d’un équipage exclusivement masculin, bercée par ses amours qui tanguent, Alice s’expose au bonheur de tout vivre à la fois et tente de maintenir le cap…

Projection suivie d’un débat:

 « La mer, un métier d’homme ? »

Nous recevrons des représentants des milieux professionnels de la mer »

BANDE ANNONCE

 

Much loved, de Nabil Ayouch, par Yves Bertault

MUCH LOVED : UN FILM QUI DONNE A VOIR…

Le moins que l’on puisse en dire, c’est que « Much loved », film marocain réalisé par Nabil Ayouch, sorti en septembre 2015, aborde franchement et crûment la question de la prostitution.

Même si son film est une fiction et que ses héroïnes sont des femmes, il ne manque pas d’ausculter d’autres maux de la société, en particulier la prostitution des enfants ou de très jeunes femmes…

Au-delà des polémiques incendiaires sur les réseaux sociaux, au-delà du scandale que constituent le harcèlement et les menaces physiques subies par le réalisateur et ses interprètes, il est assez intéressant de regarder ce film à partir de la grille de lecture de la censure gouvernementale marocaine :

« Outrage grave aux valeurs morales de la femme marocaine et une atteinte flagrante à l’image du Maroc »

Il est vrai que l’histoire qui nous est contée de ces trois mousquetaires du sexe qui comme chez Dumas seront finalement quatre (et quelle quatrième !) n’épargne rien au spectateur d’un quotidien qui alterne fêtes aux amours tarifées dans les luxueuses riads de Marrakech et plongée dans la ville cachée, à l’arrière du décor de cette prestigieuse destination touristique !

Les longs travellings dans une Marrakech nocturne, à l’occasion de déplacements en voiture, outre qu’ils offrent un geste cinématographique magnifique, font apparaître à l’écran ce petit peuple des invisibles misérables qui renvoie à Noha et ses compagnes l’image de ce à quoi elles tentent d’échapper au prix d’une mise en danger constante.

Ce qui transparaît cruellement tout au long du récit, c’est l’étalonnage par l’argent qui, ce n’est pas une révélation, conditionne les rapports humains. Plus perturbant est la complicité, de facto, des filles elles mêmes, dans cette hiérarchisation ; car si « Much loved » est un film d’images fortes, il doit aussi beaucoup aux dialogues qui nous percutent d’entrée. La prétention affichée de l’héroïne principale à être une « bonne pute », ses moqueries pour « les putes à deux balles », les scènes de racolage, la corruption et la violence du policier qui se révélera pire que le client, l’hypocrisie de la famille dépendante économiquement et bien sur l’acte de prostitution lui-même sont autant d’occasions de détailler cette « image du Maroc ». La force du film tient à ce qu’il ne masque pas que ces femmes sont complices, à leur corps défendant et offert à la convoitise, mais qu’à tout moment elles peuvent être rabaissées de la plus ville des façons.

Mais le film a une portée plus universelle dans ce qu’il révèle de la prostitution comme travestissement, comme jeu de comédie…et de tragédie. C’est que nous montre ces soirées insensées avec les riches saoudiens où tout commence comme une fête, comme un libertinage entre « adultes consentants ». Seule la fin est triste, ce moment ou l’autre ne se réduit qu’à un objet à partir de ce seul axiome où celui qui paie commande et jouit…

Alors, à la fin du film, le spectateur un peu sonné cherche la part d’espoir qu’il y aurait dans cette longue descente, dans le spectacle d’une tranche de vie de ces femmes objets de fantasme, mais condamnées et rejetées. A la fin du film…qui n’en est pas une, le mystère reste entier. Le secret réside peut être dans le titre original arabe du film qui signifie : « La beauté qui est en toi »…

Yves Berthault

20 octobre 2015

La poésie pour dénoncer la barbarie

Le film Timbuktu a été projeté aux élèves de la Morandière, dans le cadre de l’opération « Lycéens et apprentis au cinéma ».

Loin du tapis rouge, des paillettes, de la Croisette et du festival de Cannes, « nous sommes aujourd’hui, vendredi 13 mai, soit six mois après les attentats qui ont frappé Paris » , explique en préambule, Yann Le Jossic, aux lycéens installés dans l’une des salles du Sélect. Le professeur de Julliot-de-la-Morandière est également coordinateur de l’opération « Lycéens au cinéma ». Quatorze classes de l’établissement, seconde, première et terminale, ont assisté à la projection de Timbuktu d’Abderrahmane Sissako. Le film, présenté à Cannes en 2014, a reçu de nombreux prix à travers le monde, dont sept César. Une fiction pour « dénoncer par la poésie et le temps laissé à l’image, l’indicible » , ajoute Yann Le Jossic, avant que la salle soit plongée dans le noir. Les projections s’enchaînent toute la matinée dans les trois salles du Select, dans le cadre d’une action menée autour du cinéma, « en place depuis 2004 au lycée. » Le fil rouge retenu pour cette année : « La famille. Quelles valeurs on peut apporter à la cellule familiale ? » Des opérations ont déjà eu lieu, et d’autres seront menées prochainement, avec Renaud Prigent, coordinateur régional, qui viendra « échanger avec les lycéens sur Timbuktu , les faire réagir à l’aide d’extraits et d’analyse d’images. » Certains élèves, s’ils le souhaitent, peuvent même poster une critique du film sur le site internet du Café des images, à Hérouville-Saint-Clair (Calvados). En parallèle, un autre dispositif est mis en place pour une éducation autour des écrans (smartphones, ordinateurs, tablettes…), en lien avec le Cemea (Centre d’entraînement aux méthodes d’éducation active) et le Rectorat.

Introduction de Yann LE PENNEC à la conférence du Professeur Bernard SABLONNIERE sur « la chimie des sentiments ».

Que reste t-il pour l’amour avec un grand A entre ses amours avec un petit s après quatre débats et avant projection des Invisibles, le remarquable documentaire de Sébastien Lifschitz ?

Que reste-t-il pour l’Amour vu à travers la diversité des « nouveaux agencements du lien amoureux », de sa moderne « liquidité », c’est à dire d’un amour libéré des institutions qui enserraient (solidifiaient ?) les destins individuels, il n’y a pas si longtemps encore. Qu’en reste-t-il en effet depuis que la libération des mœurs, la séparation de la sexualité de la procréation, principalement, a ouvert l’espace au désir qui ne se soucie guère des normes et des conventions pas plus que des rôles et des fonctions ordonnées par la société : « le démon pose ses lèvres sur un morceau de bois »

Nos débats ont été enrichis par interventions de psychiatre, psychanalystes, sociologues , historien du cinéma, théologien, réalisateurs et représentants d’association gérant cette moderne « liquidité » et au point où nous en sommes, avant de voir et d’entendre des couples homosexuels d’un certain âge parler de leurs amours avec une si joyeuse sérénité,  sommes plus éclairés, plus assurés pour sortir du labyrinthe de malentendus qu’ouvre la merveilleuse illusion de l’amour qui nous ouvre à des instants de grâce et de poésie …et à quelques emmerdes.

Faudrait-il retenir, comme pour confirmer la phrase de Lacan (beaucoup plus complexe que prise dans son sens littéral) « L’amour c’est donner ce qu’on a pas à quelqu’un qui n’en veut pas » faudrait-il, donc, retenir de nos débats, le dialogue apparemment désenchanté, comme l’est le monde moderne, le dialogue de Mark, le paraplégique, avec son assistante sexuelle tombée en amour : « Que se passe t-il, dit-il, quand des gens s’attachent l’un à l’autre ? Quelle est la part d’alchimie quand ils s’attirent. Ils écrivent des poèmes dit-elle, ils couchent ensemble. Et que se passe t-il après la poésie après le sexe, dit-il. Tout ou rien. Le reste est affaire de négociations, dit-elle. On peut s’en tenir à l’amour et à l’attirance. On peut aussi tout compliquer. Ce que font la plupart des gens ».

Voilà levée la question de l’alchimie de l’amour et monsieur Sablonnière, en la désoccultant quelque peu, sans doute, pourra peut-être éclairer cette réflexion énigmatique de la romancière Fred Vargas : « Parce qu’en amour on ne fait pas ce qu’on veut, mais alors qui fait, à notre place, ce qu’on ne veut pas »

Après débat, le pouvoir salutaire du cinéma, par Yann Le Pennec

Le film Les règles du jeu n’aura, sans doute, pas attiré grand monde, mais presque autant que certaines soirées du festival. Concurrence de Jazz sous les pommiers et d’ une réunion sur l’Hôpital? Toujours est-il que le débat fut intense et si les membres présents du CA prirent la parole, ils le firent brièvement et plutôt sous forme d’interrogations.

An cours du débat, nombre d’interventions furent centrées sur le comportement de ces jeunes, plus ou moins rejetés du scolaire et n’ayant, de ce fait, guère réussi à exercer l’usage d’une pensée autonome. La dimension rebelle de leurs réactions ne fut pas toujours prise en considération, confrontés qu’ils étaient à un jeu dont ils ne connaissaient pas les règles mais dont ils percevaient au fond les ambiguïtés et les pièges. Dans leurs rapports avec des conseillers qui tentaient de prendre humainement en considération leurs personnes sans toutefois s’engager dans une prise en charge sociale de leurs difficultés, la résistance plus ou moins explicite qu’ils montraient quand on leur demandait de savoir se vendre, de se faire, en quelque sorte, « les commerciaux d’eux-mêmes » donnait à ce film sa dimension critique et tragique.  » Are you job ready? »

Le rôle de l’animateur du débat fut donc de tenter de faire valoir cette dimension que Claudine Boriès et de Patrice Chagnard ont voulu exposer dans un film serrant la réalité au plus près pour permettre au spectateur d’accéder au réel, c’est-à-dire au sens que la nov-langue managériale tente de masquer derrière le terme d’employablilité. Le débat aura révélé combien la population est en grande part dominée par l’idéologie du marché et de sa loi qui imposerait à tout jeune, ou moins jeune, en recherche d’emploi de se montrer prêt à travailler à n’importe quelles conditions. Lola qui voudrait bien travailler pour 400 euros ou moins, dans un monde où un emploi est plus difficile à trouver qu’une pépite d’or, et de 6 heures du matin jusqu’à 11H30 pour pouvoir prendre le dernier métro,

Vincent Lindon, acteur principal de La loi du marché, dit qu’il croit au pouvoir salutaire du cinéma. Le débat doit, donc, déployer ce pouvoir après que la projection nous ait déjà humanisé en nous rendant sensible à l’humanité du gangster, du prisonnier, du vagabond, de la prostituée, des jeunes « en marge » parce que nous voyons qui ils sont, en deçà des clichés qui les enferment dans un statut et une image sociale, Nous voyons les être humains, dans leur complexité, sous les diverses facettes qui composent leur personnage. Les gros plans de leur visage appellent irrésistiblement quelque sympathie. Le cinéma nous ouvre au fait que le criminel n’est pas qu’un criminel tout en étant criminel, les jeunes qui ne connaissent pas les règles pas seulement des glandeur(se)s, là, est, en effet, son pouvoir salutaire…

Yann Le Pennec

106 élèves lassés de la guerre au cinéma, par Yann Le Jossic

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samedi 4 avril 2015, par Yann Le Jossic.

Dans la magnifique salle polyvalente du lycée De La Morandière, 4 classes (2e 5, 2e 6,TES1, 2e bac pro bateau) ont pu voir le documentaire « De guerre, lasses » L 16 / 3 .Ce manifeste de trois jeunes femmes bosniaques les a interpellés car c’est un cri de la vie contre la guerre, loin des images héroïques véhiculées par les films de guerre et les jeux vidéos. Dans un pays tout juste sorti d’un conflit meurtrier, L. Bécue- Renard a filmé en toute discrétion le long temps de leur travail thérapeutique de deuil et de reconstruction personnelle. Il a su ensuite expliqué sa démarche et répondre aux nombreuses questions des élèves : une grande leçon d’Histoire et de cinéma à intégrer dans l’école de la vie 

De guerre lasses comme le manifeste de trois jeunes femmes, un cri de la vie contre la guerre. Dans un pays tout juste sorti d’un conflit meurtrier, une fois rangées les caméras du spectacle médiatique, ces femmes vivent, pleurent, chantent, dansent et rient, le temps d’un travail thérapeutique. Elles tentent, à travers une parole simple et intime, de faire le choix de la vie et de retrouver un sens à une existence happée par la guerre. 

de guerre lasse 2.JPG

Laurent Bécue Renard, le réalisateur de  De guerre lasses et de Of men and war